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Épreuves
de RU du Club d'Education
Canine Agility Causse et Pays Viganais
Commentaires de Suzanne à propos de sa piste. Emotions… Tout commence quand arrive la lettre d’admission aux épreuves de Vissec sur le Larzac, les 24 et 25 septembre : même si je me sens prête, je suis au pied du mur, et il est impossible de faire marche arrière. Il va donc falloir nous préparer au mieux, Caïd et moi, et ne rien négliger, mais je me dis que j’ai encore le temps – au moins deux mois… Les deux mois passent comme un souffle : des exercices de plus en plus pointus, Caïd qu’il ne faut pas saturer tout en l’entraînant sérieusement, les conseils qu’il ne faut pas oublier – bref, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, deux jours avant le week-end, je suis en train de préparer le sac dans lequel il va y avoir tout le matériel de RU. : la longe est graissée, les friandises sont à portée de main, le harnais est vérifié, et Caïd est brossé. Pourvu que je n’oublie rien ! Samedi 5 heures du matin : malgré le stress qui monte, j’admire la nuit profonde qui entoure le cirque de Navacelles où nous logeons, la lune, les étoiles dans un ciel pur, et ces murs de pierre qui sont quand même oppressants.
Dans une ambiance tendue, le
premier petit déjeuner du groupe est avalé : tout le monde attend le
tirage au sort. Il n’y a que des candidats au Brevet ou au Niveau 1,
donc plutôt des débutants. Je me dis que l’idéal pour moi serait de
passer en 2ème position le samedi matin : à cause de sa
petite taille, Caïd supporte mal la chaleur qui règne encore sur le
plateau du Larzac et je pourrais profiter de tout le reste du
week-end, mais je sais que je peux aussi bien passer l’épreuve en
dernière position le dimanche à midi. Bingo ! Je passe à 8h30 comme
je le souhaitais, et à partir de ce moment-là tout s’accélère.
. La gorge un peu serrée, je récite mes questions à la juge et à la commissaire, et je suis complètement désarçonnée par leurs réponses plutôt évasives : « on l’a à peine vu ; il était de dos ; on ne connaît pas son nom et on ne sait pas vraiment comment il était habillé. »
Je repère l’objet de départ et je place Caïd en fonction du vent, malheureusement un peu près. En levant la tête je m’aperçois qu’à dix mètres du départ il y a déjà un carrefour où je peux aller dans trois directions différentes – ça commence fort !
Caïd tourne à gauche avec assurance, avance un peu, puis flotte, et comme je ne vois pas d’objet je le ramène au départ dans un silence terrifiant. Caïd repart, et cette fois tourne à droite, mais la juge ne bouge pas, et je ne trouve pas non plus d’objet. Je reviens donc de nouveau au point de départ. Le silence du public est de plus en plus lourd. Je sais que Caïd a des débuts de piste parfois laborieux, je tente donc de garder mon calme en me disant quand même que je risque de me planter dans l’aire de départ. La troisième fois sera la bonne : Caïd part d’un pas guilleret vers la gauche, écoute des chiens de chasse en train d’aboyer au loin et avance sur la piste … jusqu’au premier objet ! Ouf ! A partir de ce moment-là, je ne vis que dans le bonheur : Caïd enchaîne en trottinant toutes les difficultés : carrefours vicieux, faux objet, murets écroulés à escalader, chemins cachés jusqu’au dernier moment. Il n’hésite jamais, cherche avec application et marque tous les objets en faisant le beau, sa façon de faire toute personnelle. Bien que je sache qu’on peut perdre même au dernier moment, plus j’avance et plus je me dis : c’est possible que j’aie mon brevet. Le cinquième objet est ramassé et je vois Caïd changer de comportement : il frétille de la queue, baisse les oreilles et accélère encore. Enfin au bout du chemin j’aperçois la victime et je suis submergée de joie : j’ai réussi, nous avons tous réussi : Caïd, Guy et Alice, Claude et tous les copains de l’Amicale, car ce brevet est la réussite d’une équipe entière !
Le public applaudit, je suis
un peu abasourdie et j’ai les larmes aux yeux, la juge me fait des
compliments, les gens me hèlent, Caïd est fêté ; il est vrai qu’il
est sans doute le seul cairn de France à avoir son brevet.
Merci à tous de m’avoir permis de vivre cela : Michèle Dhume, la juge, positive et passionnée, Maria Krikula et Chantal Husson, les organisatrices efficaces, Alice et Guy Roger, mes formateurs fidèles, patients, engagés et dévoués jusqu’au bout, Charles Gervasoni, qui a su lui aussi me mettre sur le bon chemin avec ses conseils judicieux, Claude, mon mari et plus grand supporter prêt à traverser la France pour me soutenir, et surtout Caïd, ce petit saucisson hirsute sans qui cette aventure n’aurait bien sûr pas été possible ! Et à bientôt, peut-être, pour la suite de nos « exploits » !
Navacelles; son cirque, ses
espaces.
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